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Crossfire, de Miyabe Miyuki

« Je vais les détruire. Les carboniser. Comme un broyeur d’ordures : les pulvériser et puis tirer la chasse. »

Couverture Crossfire

Genre : Policier, fantastique

Nationalité : Japon

Date de publication : 2008

Traduction : Gérard Siary et Mieko Nakajima-Siary

Éditeur : Philippe Picquier

Note :  icones_01149 icones_01149 icones_01149 icones_01149

 

 

 

 


Résumé :

La jeune et jolie Aoki Junko possède un don extraordinaire, celui de déclencher le feu à volonté. Elle commence à utiliser son pouvoir pour rendre la justice et punir les criminels violents. Ses exécutions attirent l’attention des Anges gardiens, une organisation de vigilance secrète qui voudrait l’enrôler. Et le service des incendies criminels de la police de Tôkyô se met à sa recherche. Au fil de son enquête, l’inspecteur Ishizu Chikako, une femme patiente et déterminée voit sa vision du monde bouleversée.
Tandis que Junko, poursuivant ses raids fiévreux et brutaux sur Tôkyô, se pose de plus en plus de questions sur le bien-fondé de sa croisade contre le mal…


Mon avis :

Habituellement, je ne suis pas véritablement fan des romans policiers, mais celui-ci m’a intrigué à cause de sa petite pointe de fantastique. En effet, Junko Aoki possède un don de pyrokinésie qu’elle utilise pour faire elle même la justice. Dès le début du roman, je me suis attachée à ce personnage singulier qui tue en pensant faire ce que la police ne parvient pas à faire selon elle : rendre justice aux victimes. Elle est douce et solitaire mais elle possède aussi un côté bestial et meurtrier à cause de ce qu’elle appelle sa « force ». Cette double facette est habilement employée par l’auteure et est vraiment intéressante car elle symbolise en quelque sorte la dualité qu’éprouve Junko. Bien qu’il s’agisse d’une meurtrière, cette dernière remet en cause son comportement en se demandant si elle fait véritablement les bons choix. Elle reste ainsi humaine malgré les meurtres qu’elle commet d’où mon attachement pour elle. Je me suis moins attachée aux autres personnages, notamment à celui de l’inspecteur Ishizu Chikako car elle ne fait pas grand chose d’après moi. C’est plus sa vision du monde qui est ébranlée. L’inspecteur Makihara par contre m’a plu car on sent une profonde tristesse en lui. Son histoire est d’autant plus bouleversante. On a d’un côté la vision du monde du point de vue du « crime » et celui de la « justice » de l’autre.

D’ailleurs, pour en venir à l’intrigue, je ne m’attendais pas du tout à cette fin ! Il y a un véritable retournement de situation qui m’a laissé quelque peu bouche bée et triste. De plus, il n’y a pas qu’une seule histoire mais plusieurs petites histoires qui finissent par s’emboîter les unes avec les autres, ce qui permet de donner du rythme et de ne pas s’ennuyer au cours de la lecture. Le seul bémol, selon moi, est que la résolution des meurtres ne se fait pas à travers une recherche d’indices comme on pourrait s’y attendre. Les éléments arrivent presque comme par miracle dans les mains des inspecteurs. De fait, cela tient plus à des concours de circonstances qu’à une véritable enquête. Mais, malgré ce petit « défaut » qui n’en est pas véritablement un, tout reste cohérent et fluide. Tout paraît logique et non pas extravagant. La plume de l’auteure ajoute véritablement un plus à l’histoire car on y décèle une certaine poésie qui adoucit l’atmosphère sombre du roman. Je me suis littéralement laisser emporté dans ce récit qui, a priori, ne fait pas partie de mes lectures de prédilection. Je ne peux donc que vous conseiller de vous laisser tenter à votre tour !

Bonne lecture à tous !


L’auteur :

Miyuki Miyabe voit le jour en 1960 dans la capitale japonaise.
Elle devient rapidement un des auteurs phare de la littérature policière nippone en publiant Une carte pour l’enfer, de son titre original Kasha, roman le plus lu jusqu’à aujourd’hui de l’archipel. Celui -ci lui permet d’obtenir en 1993 l’équivalent du prix « Goncourt du policier ».
A la suite de ce succès retentissant, paraît la même année de son sacre, La librairie Tanabe, recueil de nouvelles narrant les aventures de M. Iwa et de son neveu, propriétaires d’une librairie et détectives amateurs. Cinq ans plus tard, Miyuki Miyabe offre à ses lecteurs Crossfire, roman réunissant les ingrédients de ces précédents ouvrages, (enquête classique, thriller psychologique, romance amoureuse sur fond de récit fantastique et de critique sociale).
Mais la romancière élargit son horizon avec la parution en 2004 de la trilogie, Brave Story, relevant plus du genre fantastique.
Ses romans sont adaptés en une série de 19 volumes par le dessinateur Yôichiro Ôno la même année et en film d’animation deux ans plus tard.

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3 réflexions au sujet de « Crossfire, de Miyabe Miyuki »

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