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J’entends ta voix, de Kim Young-ha

« Les gens parlent de la souffrance du deuil. Ils prétendent que la mort d’un parent ou d’un proche engendre un profond sentiment de perte. Or moi j’ignorais quasi totalement ce sentiment de tristesse »

Couverture J'entends ta voix

Genre : Contemporain

Nationalité : Corée

Traduction : Kim Young-sook et Arnaud Le Brusq

Date de publication : 2015

ÉditeurÉditions Philippe Picquier

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Résumé :

Enfant abandonné des hommes, né dans les toilettes d’une gare, Jeï découvre très tôt qu’il est doué de la même capacité que ces appareils créés par l’homme qu’on appelle des capteurs, sauf que lui possède le don de capter, de sentir la souffrance des autres, objets, animaux ou humains. A quinze ans, vagabond dans les rues de Séoul, il s’invente un mode de vie proche de l’ascèse, se nourrissant de riz cru, lisant des livres trouvés parmi les ordures, et devient le leader d’une bande de motards. Ces motards organisent des courses illégales en plein Séoul, faisant entendre leur colère dans le vacarme de leurs pots débridés, sans casque, bravant la mort et la police, jusqu’à cette course ultime, la plus grandiose, la plus folle jamais menée, où Jeï entre dans la légende.
Dans le monde de Kim Young-ha, il n’y a ni bien ni mal, mais des émotions humaines portées à l’incandescence par les tensions sociales. « Ces jeunes existent partout mais personne ne leur tend l’oreille. Comment les transformer en voix ? Comment traduire ces voix de façon que nous puissions les entendre et nous souvenir d’eux longtemps ? Telles sont les questions auxquelles je pense.»


Mon avis :

Honnêtement, je ne sais pas véritablement quoi penser de ce roman. D’un côté, il est loin d’avoir susciter de vives émotions en moi, mais de l’autre, il ne m’a pas non plus laissé indifférente. Toutefois, une chose est sûre, je ne m’attendais pas du tout à ça, mais alors, pas du tout.

Tout d’abord, l’histoire de Jeï est raconté non pas par lui ou un narrateur omniscient mais par Dong-kyu, un ami à lui. Difficile de déterminer s’il s’agit bel et bien de son meilleur ami tant le « héros » dont l’histoire nous est contée est marginal. Mais, d’ores et déjà, ce point m’a quelque peu dérouté, d’autant que le narrateur change à la fin du roman. C’est l’écrivain qui reprend la parole. Et, là encore, je ne sais pas quoi penser car j’en suis venu à me demander si c’était Kim Young-ha lui-même ou un autre personnage. Quand j’y pense, le meilleur mot qui me vienne à l’esprit pour décrire ce roman est déroutant. Que ce soit dans l’intrigue, puisqu’au final il n’y en a pas véritablement, ou bien du côté des personnages. Je ne me suis attachée à aucun d’eux, encore moins à Jeï qui est le plus marginaux de tous. Dong-kyu est un personnage sans grand intérêt qui vit dans l’ombre constante de celui qu’il « vénère ». Mok-ran non plus, puisqu’elle est à peu près dans le même schéma.

Néanmoins, il y a pire que les personnages. Le deuxième mot qui me vient à l’esprit pour décrire cet ouvrage est dérangeant, peut-être même choquant. Âmes sensibles s’abstenir. Plusieurs sujets graves sont traités et la violence est omniprésente. L’auteur parle de la jeunesse sans artifices et sans poudre aux yeux, avec toute la cruauté et la rage qui peut la caractériser. L’aspect un peu fantastique, qui m’avait d’abord attiré à la lecture de la quatrième de couverture, est quasi-inexistante. Elle est abordée au début du roman pour ensuite être à peine abordée dans les derniers chapitres. Sur ce point, j’ai été véritablement déçue et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de terminer ce livre. Peut-être est-ce parce que j’ai été comme envoûtée par la plume de l’auteur ? Oui bien parce que je voulais voir jusqu’à quel point la déchéance pouvait aller?  En tout cas, tout ne m’a pas déplu dans ce roman. La toute dernière partie est celle qui m’a le plus plu, lorsque l’auteur prend la parole. C’est très certainement à cause de cette fin que je n’arrive pas à savoir si j’aime ou non cette histoire. En parlant de fin, lorsque j’ai terminé ma lecture, je me suis sentie triste et totalement larguée, ne sachant quoi penser ou quoi dire. Je me suis demandée si ce que décrivait l’auteur était réel, pas seulement de la pure fiction, si Jeï pouvait vraiment avoir existé et si il n’était pas possible de faire quelque chose pour ses jeunes en mal de repères plutôt que de les ignorer. Sur ce point, Kim Young-ha a atteint son but, celui d’interpeller sur la condition de certains jeunes et sur les tensions sociales actuelles. Tout n’est donc pas négatif.

Pour autant, je vous laisse seul juge pour déterminer si vous aimerez ou non ce roman, car encore maintenant je suis incapable de trancher.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture à tous !


L’auteur :

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Né en 1968 à Hwacheon en Corée du Sud, Kim Young-ha fut un enfant solitaire et brilant qui changeait de ville tous les ans, au gré des affectations de son père militaire, et devait sans cesse réapprendre les règles du jeu. Les héros de ses romans, traduits dans le monde entier, sont également des hommes sans attaches, tueurs, orphelins, espions, marginaux dont la liberté de pensée se confronte à la nécessité de vivre. Kim Young-ha est l’un des chefs de file de la nouvelle littérature sud-coréenne. On dit de lui qu’il décrit avec un regard froid et une voix sèche la sensibilité urbaine de sa génération. Après deux recueils de nouvelles, il publie en 1996 son premier roman « la mort à demi mots », qui lui vaut d’obtenir le prix que la maison d’édition Munhaktongne décerne au meilleur jeune écrivain de l’année. Très branché sur les nouvelles technologies, Kin Young-ha s’est d’abord amusé à publier ses écrits sur Internet, une habitude très répandue en Corée du Sud.Outre ses activités d’auteur, Kim Young-ha anime une émission de radio consacrée aux écrivains coréens.

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